Un siècle après, sommes-nous toujours pris dans un piège sans fin ?

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« La vie est une série d’absurdités sans nom ». Cette phrase d’Olympe Bhêly-Quenum, dans « Un piège sans fin », pourrait presque être sortie d’un journal d’aujourd’hui. Car en 2026, vivre coûte cher. Très cher.
On travaille pour vivre. Mais on se rend compte qu’il faut travailler davantage pour maintenir le même niveau de vie. On gagne un salaire, puis les dépenses le rattrapent. On économise, puis une urgence vient tout prendre. On emprunte pour résoudre un problème, avant de devoir travailler pour rembourser l’emprunt. Et ainsi de suite. Bref, on ne vit pas, on survit.
Pas forcément spectaculaire. Pas forcément visible. Mais un piège qui se referme petit à petit. Dans son roman, publié en 1960, Olympe Bhêly-Quenum fait dire à son personnage Ahouna : « oui, la vie est un drôle de non-sens ». Une phrase qui, plus de soixante ans après, peut encore nous interpeller.
Bien sûr, notre époque n’est pas celle d’Ahouna. Et le roman ne parle pas du coût de la vie tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais il pose une question sur comment l’homme peut-il continuer à avancer lorsque les circonstances semblent constamment se retourner contre lui ?
C’est aussi pour cela que rendre hommage à Olympe Bhêly-Quenum, pour ses 100 ans, ce n’est pas rappeler son parcours ou citer ses œuvres. C’est aussi relire ses mots avec nos réalités d’aujourd’hui. Et il y a cette autre phrase de « Un piège sans fin » qui dit que « nous sommes tous des étrangers sur terre, cherchant ça et là le chemin du vrai bonheur ».
Le bonheur, justement, aujourd’hui, combien coûte-t-il ? Faut-il avoir un gros salaire pour simplement vivre normalement ? Faut-il s’endetter pour offrir à ses enfants une vie décente ? Faut-il renoncer à certains besoins pour pouvoir satisfaire les autres ? Et surtout, jusqu’où peut-on courir derrière l’argent avant de comprendre qu’on passe finalement sa vie à courir ?
Le coût de la vie n’est donc pas uniquement une question de prix. C’est aussi une question de qualité de vie, de choix, de dignité et parfois même d’espoir. Voilà pourquoi, un siècle après sa naissance, ses mots sont toujours là. Il est donc intéressant de revenir à Olympe Bhêly-Quenum. Et peut-être que le véritable hommage à lui rendre est de continuer à les faire vivre. Parce qu’après tout, sa plume n’a pas vieilli ; elle nous fait regarder notre propre époque avec des mots écrits il y a des décennies.
Olympe Bhêly-Quenum a 100 ans. Mais « Un piège sans fin », lui, continue de nous parler.

