Niger : jusqu’à 20 ans de prison pour les relations entre personnes de même sexe

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Le Niger a franchi un nouveau cap dans son arsenal législatif. Réuni en session plénière ce jeudi 11 juin, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a adopté un nouveau Code pénal qui criminalise explicitement l’homosexualité ainsi que plusieurs identités associées à la communauté LGBTQIA+.
Désormais, les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont passibles de lourdes sanctions pénales. Selon les dispositions du texte adopté, toute personne reconnue coupable d’avoir commis ou tenté de commettre un « acte impudique ou contre nature » avec une personne du même sexe encourt une peine d’emprisonnement allant de cinq à dix ans.
Les sanctions sont encore plus sévères lorsque les faits impliquent certaines circonstances aggravantes, avec des peines pouvant atteindre vingt ans de réclusion. Le nouveau Code prévoit également des amendes pouvant aller jusqu’à 100 millions de francs CFA.
Le texte élargit également son champ d’application aux pratiques et identités liées aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer, intersexes et asexuelles (LGBTQIA+), ouvrant la voie à des poursuites plus larges contre les personnes concernées.
Les travaux de révision du Code pénal avaient été engagés sous la présidence de Mohamed Bazoum, avant son renversement lors du coup d’État militaire de juillet 2023. Leur aboutissement intervient sous les autorités de transition actuellement au pouvoir.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains, où les autorités invoquent la préservation des valeurs culturelles, religieuses et sociales pour justifier un durcissement des législations concernant les personnes LGBTQIA+.
Avec cette réforme, le Niger rejoint désormais le groupe des pays africains dont le Code pénal réprime explicitement les relations entre personnes de même sexe. La mesure suscite déjà de vives réactions de la part des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un recul des libertés individuelles et des droits fondamentaux.

