Le Tchad annonce son retrait de la CPI, dénonçant une justice internationale « à géométrie variable »

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Le Gouvernement tchadien a officiellement notifié aux Nations unies sa décision de se retirer du Statut de Rome, texte fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). N’Djamena accuse l’institution d’appliquer une justice sélective visant principalement les pays africains. Le retrait ne prendra effet qu’après un délai d’un an. D’ici là, le Tchad reste tenu de coopérer avec la CPI.
Selon N’Djamena, depuis l’entrée en fonction de la CPI en 2002, une grande partie des enquêtes ouvertes et des poursuites engagées concernent des pays africains ; précise africanews. Toutefois, et conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait deviendra effectif après un délai d’un an. Durant cette période, le Tchad reste membre de la CPI et demeure soumis à ses obligations, notamment en matière de coopération avec la Cour.
Le pays avait pourtant été, jusqu’à présent, l’un des États africains les plus impliqués dans les travaux de la CPI, notamment dans le cadre des enquêtes liées aux crimes commis au Darfour voisin, au Soudan. Cette annonce intervient dans un contexte de recul progressif de la présence africaine au sein de la juridiction internationale. Elle fait suite aux décisions de retrait annoncées par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Pour les défenseurs des droits humains, cette multiplication des départs soulève des préoccupations quant à la lutte contre l’impunité. Ils craignent notamment un affaiblissement des mécanismes internationaux de justice pour les victimes de graves violations des droits humains, notamment celles liées aux violences survenues au Tchad en 2022.

