Dette publique : l’encours béninois franchit les 9 000 milliards de FCFA

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À fin juin 2026, le Bénin affiche un encours de dette publique de 9 122,2 milliards de FCFA, correspondant à 50,1 % du PIB. Le niveau reste en dessous du seuil de 70 % fixé dans l’espace UEMOA, mais il marque une progression de 650 milliards de FCFA depuis décembre 2025.
Plus de 9 000 milliards de FCFA. C’est le montant de la dette publique du Bénin au terme du premier semestre 2026. Selon les dernières données de la Caisse autonome de gestion de la dette (CAGD), l’encours s’est établi à 9 122,2 milliards de FCFA au 30 juin, contre 8 472,2 milliards six mois plus tôt.
En proportion de la richesse nationale, la dette représente désormais 50,1 % du PIB. Après un léger recul à 49,6 % à fin mars, le ratio est donc reparti à la hausse au deuxième trimestre. La progression de l’encours sur cette période reste cependant limitée à 94,5 milliards de FCFA, contre une augmentation de 650 milliards sur l’ensemble du premier semestre.
Cette évolution est notamment liée aux ressources mobilisées à l’extérieur. Les décaissements sur les emprunts en devises ont atteint 905,8 milliards de FCFA à fin juin. Les émissions internationales réalisées en janvier y contribuent à hauteur de 478,8 milliards, tandis que les bailleurs multilatéraux représentent 381,6 milliards. Sur le marché régional, l’État a par ailleurs mobilisé 86,7 milliards de FCFA à travers des titres du Trésor.
L’évolution de la dette ne signifie toutefois pas que l’ensemble des nouveaux financements contractés est déjà intégré à l’encours. Au premier semestre, les accords de financement signés représentent 717,9 milliards de FCFA, dont 578,2 milliards en devises et 139,7 milliards en monnaie locale. Seules les sommes effectivement décaissées sont comptabilisées dans l’encours.
Le portefeuille béninois reste surtout tourné vers l’extérieur. Sur les 9 122,2 milliards de FCFA de dette publique, 7 275,9 milliards sont constitués de dette extérieure, soit près de quatre cinquièmes du total. La dette intérieure représente, elle, 1 846,3 milliards. Les investisseurs non-résidents détiennent ainsi 89 % du stock global.
La structure de la dette extérieure traduit également un recours important aux financements multilatéraux et commerciaux. Les organismes multilatéraux représentent 47,1 % de cette composante, contre 44,9 % pour les créanciers commerciaux et 8 % pour les partenaires bilatéraux. L’euro domine les monnaies d’emprunt avec 63,8 % de l’encours, devant le franc CFA et le dollar.
Cette dette génère aussi un coût budgétaire important. Sur les six premiers mois de l’année, 580,7 milliards de FCFA ont été consacrés au service de la dette, dont 384,1 milliards pour le remboursement du principal et 196,6 milliards au titre des intérêts et autres charges financières. Malgré ces engagements, la CAGD ne relève aucun arriéré de paiement à fin juin.
À 50,1 % du PIB, le niveau d’endettement béninois demeure donc sous le plafond communautaire de 70 %. La hausse enregistrée depuis le début de l’année reste à surveiller, dans un contexte où le pays continue de mobiliser des ressources sur les marchés régionaux et internationaux pour financer ses besoins.

