Coton-textile : l’UEMOA veut transformer davantage pour créer plus de richesses

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L’UEMOA veut réduire l’exportation du coton sous forme de fibre brute et accélérer sa transformation dans l’espace communautaire. À travers le plan stratégique IMPACT 2030 et le livre blanc de la filière Coton-Textile, l’Union mise sur l’industrialisation, la création d’emplois et la compétitivité régionale.
Transformer localement le coton pour en tirer davantage de valeur. C’est le principal défi identifié par l’UEMOA pour les prochaines années. Présentant le livre blanc de la filière Coton-Textile aux journalistes économiques de l’Union, Modeste ABOE, responsable de la filière à la Commission de l’UEMOA, a exposé les ambitions de l’organisation à l’horizon 2030 ; rapporte Croissance afrique.
La filière dispose déjà d’une importante capacité de production. En 2023, la production de coton a atteint 3,1 millions de tonnes, avec un rendement moyen de 1,5 tonne par hectare. Mais une grande partie de cette matière première est encore exportée sans transformation suffisante. Aujourd’hui, 20 % seulement de la fibre serait transformée localement.
L’objectif est donc de développer toute la chaîne, de la filature au tissage, jusqu’à la confection. Pour l’UEMOA, cette transformation doit permettre de conserver davantage de valeur dans les pays producteurs, mais aussi de créer des emplois et de renforcer les compétences locales.
La formation fait déjà partie des leviers mobilisés. 150 ingénieurs et techniciens supérieurs ont été formés avec une immersion pratique. Entre 2026 et 2030, la filière devrait également générer 250 emplois, auxquels s’ajoutent 10 000 emplois attendus dans l’artisanat textile.
Mais plusieurs obstacles restent à lever. Le coût des intrants et la productivité pèsent notamment sur la compétitivité du coton-textile ouest-africain. L’UEMOA entend donc renforcer la collaboration entre sociétés cotonnières, organisations professionnelles et acteurs industriels afin de créer un environnement plus favorable à l’investissement et à l’innovation.
Derrière cette stratégie, c’est aussi une question de souveraineté économique qui se pose. À travers IMPACT 2030, puis la Vision 2040, l’UEMOA veut faire émerger des pôles industriels capables de transformer les matières premières produites dans la région.

