Budget 2027 : derrière les 4 757 milliards, le défi de la réduction de la pauvreté

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Le Gouvernement béninois a transmis à l’Assemblée nationale son projet de loi de finances pour 2027. Le budget s’équilibre à 4 757,029 milliards de francs CFA, contre 4 148,357 milliards pour la loi de finances rectificative de 2026, soit une progression de 14,7 %. L’Exécutif table parallèlement sur une croissance de 7,5 %, un déficit budgétaire de 2,8 % du PIB et une inflation de 2 %.
Derrière cette hausse de plus de 608 milliards de francs CFA, quelle part de cet effort budgétaire sera effectivement consacrée à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables ?
Le Gouvernement présente l’éradication de l’extrême pauvreté comme l’objectif central de son action pour 2027. Le projet de budget prévoit notamment la poursuite et l’extension de l’Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), la généralisation de la gratuité des frais de scolarité des filles dans le secondaire général et technique, la poursuite de l’universalisation des cantines scolaires et la consolidation du programme GBESSOKE. Une plateforme nationale des prestations sociales et un dispositif d’aide sociale d’urgence sont également annoncés.
Cette orientation n’est pas entièrement nouvelle. Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029 présenté au Parlement en juin plaçait déjà la lutte contre l’extrême pauvreté au premier rang des priorités. Le document citait notamment les cantines scolaires, l’accès à l’eau potable, les soins de santé primaires et l’accès à l’énergie parmi les projets à fort impact social.
Le véritable enjeu sera désormais de passer du discours budgétaire aux chiffres détaillés. Les annexes du projet de loi permettront notamment de mesurer l’évolution des crédits consacrés aux programmes sociaux, à l’éducation, à la santé, à l’eau, à l’emploi et à la protection sociale.
Autre point à noter, c’est la territorialisation annoncée de l’action publique. Le Gouvernement entend organiser le développement autour de six pôles régionaux. Le dispositif doit notamment permettre d’identifier les filières prioritaires, les besoins en infrastructures et en compétences et de constituer un portefeuille de projets publics et privés.
Le texte n’est toutefois pas encore la loi de finances. Il entre désormais dans la phase parlementaire. Les montants et mesures pourront donc encore évoluer au cours de l’examen et du vote.

