Bénin : vingt-deux périmètres déclarés d’utilité publique dans plusieurs communes

Share This Article
Le Gouvernement béninois a déclaré d’utilité publique vingt-deux périmètres situés notamment à Cotonou, Abomey-Calavi et Lalo, concernés par des décisions de justice pouvant entraîner la démolition d’habitations. La mesure vise à encadrer l’exécution de ces décisions, avec expropriation et dédommagement préalable des propriétaires conformément au code foncier et domanial, tout en préservant la paix sociale dans les zones concernées.
Aux termes de l’article 529 du code foncier et domanial, « Si l’exécution d’une ordonnance, d’un jugement ou d’un arrêt doit entraîner des démolitions massives d’habitations construites sur des parcelles d’une superficie cumulée de plus de cinq mille (5 000) mètres carré, l’Etat procède à l’expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles concernées après un juste et préalable dédommagement des propriétaires desdites parcelles. A cette fin, le fonds de dédommagement prévu à l’article 538 de la présente loi peut être utilisé. »
Or, dans le cadre de sa mission depuis 2018, le Conseil consultatif Foncier a identifié 22 périmètres objet de décisions de justice dont l’exécution aura pour effet, la démolition massive d’habitations dans les communes de Cotonou, d’Abomey-Calavi et de Lalo.
En effet, il a été notoirement enregistré une exécution partielle sur certains desdits périmètres notamment à Fidjrossè dans la commune de Cotonou sur plus de 7ha, et dans la commune d’Abomey-Calavi, respectivement au niveau des quartiers de Tankpè sur plus de 19ha, et d’Adjagbo sur plus de 4ha.
En outre, dans la commune de Lalo, l’exécution d’une décision de justice ordonnant l’expulsion forcée des habitants de la localité d’Adoukandji entrainerait la disparition d’une unité administrative reconnue de même que la dépossession des producteurs agricoles de leurs plantations de palmiers à huile et de cannes à sucre. Ceci les exposerait inévitablement à une insécurité alimentaire. Au surplus, des affrontements entre les bénéficiaires de la décision de justice et les habitants des lieux ont déjà été observés ainsi que la destruction des plantations.
C’est pour ces raisons et en vue de prévenir tout trouble à l’ordre public dans les autres localités concernées que la présente décision est prise.

