Lutte contre l’insécurité : le rôle des médias dans le maintien de la paix et la cohésion sociale

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Le discours médiatique doit effacer les sentiments d’insécurité en contexte sensible. Les productions journalistiques occupent ainsi une place importante dans la lutte contre l’insécurité. C’est dans ce cadre que s’est tenu les jeudi 24 et vendredi 25 Octobre 2024 à Grand-Popo, un séminaire de formation des Professionnelles des Médias en Ligne sur le traitement et la diffusion des informations en contexte sensible. Organisé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), cet atelier vise à renforcer les capacités des médias en ligne pour un meilleur rendement de l’information en période de crise et de conflit ; à les sensibiliser sur leur rôle crucial dans la préservation de la paix, de la démocratie et des droits humains.
L’éthique journalistique paraît comme le fondement des principes à respectés ; notamment la vérification de l’information, l’indépendance et l’intégrité professionnelle, le respect de la vie privée et le rejet des toute forme de plagiat. Le rôle des journalistes est cependant déterminant dans la préservation de la démocratie et la sécurité par la diffusion d’une information rigoureuse et vérifiée. Au cours de ce séminaire, de riches et stimulants échanges se sont axées sur les impacts négatifs du discours médiatique dans la lutte contre l’insécurité, le rôle des médias dans la prévention des faits d’insécurité.
« Les médias jouent un rôle crucial dans la perception sociale de l’insécurité et doivent veiller à ne pas soulever peurs et tensions. Le droit à l’information et le droit à la liberté de presse constituent des droits garantis en République du Bénin, mais connaissent des limites légitimes quand ils peuvent porter atteinte à la monnaie, à la sécurité de l’État et à la sécurité publique », a expliqué Wenceslas Mahoussi, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication.
Une source unique peut être une source inique. Et dans un contexte marqué par une crise sécuritaire, les risques de désinformation pourraient devenir récurrents avec les fakenews, la dureté économique et l’avènement de l’intelligence artificielle. Surtout à l’approche des élections générales où les journalistes sont confrontés aux difficultés telles que les deepfakes et les pressions politiques. Les acteurs des médias doivent respecter les principes essentiels pour garantir l’intégrité des médias et la confiance du public. La violation de ces principes peut entraîner la perte de confiance, la désinformation, la manipulation de l’opinion publique, la polarisation des attaques contre la liberté de la presse. À cet effet, le journaliste a l’obligation de se conformer aux normes déontologiques et éviter toute atteinte au droit de la personne, dans la collecte des informations en situation de crises. Collecte qui doit se faire avec discernement et rigueur en tenant compte de l’impact des contenus diffusés sur la cohésion sociale.
« Le bon journaliste ne doit pas être perroquet, malveillant ni corrompu. Le bon journaliste doit éviter la promotion de l’extrémisme, toute tendance à la stigmatisation des acteurs, bannir l’exclusivisme et le sensationnel, privilégier le professionnalisme collectif et solidaire sur la base de l’impartialité et la transparence », a souligné Léon Brathier, communicateur et journaliste. Il a également insisté sur l’utilisation de sources fiables ; ainsi que sur la vérification systématique des informations collectées avant leurs publications.
De ce fait, les journalistes sont exhortés à privilégier un traitement objectif. La vérité et le respect des droits humains sont deux piliers fondamentaux de l’éthique du journalisme. Toutefois ces principes peuvent être sources de conflits lorsque la divulgation d’information véridique risque de porter atteinte à la dignité et aux droits des personnes concernées. C’est pourquoi, en journalisme, le choix des mots, des expressions, des images et des propos rapportés est d’une importance capitale.
Par ailleurs, le journaliste doit adopter des comportements adaptés pour assurer sa sécurité. Il s’agit entre autres de faire preuve de prudence et de vigilance constante ; de mener des démarches administratives afin de signaler la présence de la presse surtout dans une zone à risque ; de respecter les consignes de sécurités. En ce qui concerne les conditions de succès à la coproduction de la sécurité ; le journaliste doit privilégier la promotion des actions positives des forces de sécurité et la collaboration continue avec ces dernières. Les critères d’un travail journalistique sont adaptés au contexte de crise et de tension. Que ce soit en contexte sensible ou non, l’information reste toujours sensible parce que sa collecte, son traitement et sa diffusion sont abstreintes à des règles professionnelles encadrées par des lois.
Recommandations
À l’issue de des débats et échanges, les promoteurs des médias ont exhorté auprès de HAAC, le renforcement des compétences des promoteurs des médias en ligne par des formations continues sur les enjeux éthiques et les techniques de couvertures en période de crises ; la formation des médias en matière de cybersécurité ; l’établissement d’un réseau de journalistes spécialisés sur les questions de sécurité ; l’établissement d’une collaboration entre les journalistes et les forces de sécurité dans le but d’assurer une meilleure protection des professionnelles des médias sur le terrain.
En somme, ce séminaire a permis d’offrir aux acteurs des médias en ligne, les outils nécessaires pour maîtriser les bonnes pratiques journalistiques et les normes éthiques tout en développant des stratégies efficaces afin de relever les défis relatifs à la ténacité et à la rapidité de diffusion des informations particulièrement en période sensible. Monsieur Mohamed Bare, Vice-Président de la HAAC n’a pas manqué d’insister sur l’importance de ce séminaire en tant que cadre d’éducation à l’éthique professionnelle et d’échanges entre les acteurs des médias.