Niger : les autorités changent les noms français sur quatre sites de Niamey

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Deux places publiques et une avenue ont abandonné leurs anciennes désignations d’influence française au profit de nouveaux. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et des Sports, Colonel-major Amadou Abdourahamane du Niger a procédé 15 octobre dernier à la re-nomination de ces lieux. Le but est de reconnecter le peuple nigérien à son histoire.
Le boulevard Charles de Gaulle est rebaptisé boulevard Djibo Bakary. La place Monteuil devient la place Thomas Sankara. La place de la francophonie s’appelle désormais place de l’AES, pour l’Alliance des Etats du Sahel. Et le monument aux morts qui prend la dénomination de Bou Bande Batama en hommage à toutes les victimes civiles et militaires et du terrorisme, de la colonisation à nos jours.
“Il existe dans notre capitale, des places publiques qui, si elles ne portent pas les noms de personnes controversées qui ne représentent rien dans l’imaginaire collectif, rappellent tout simplement les souffrances et les brimades subies par notre peuple à l’épreuve de la colonisation”, a déclaré Amadou Abdourahamane, Ministre de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et des Sports.
Ce baptême rend également hommage à Thomas Sankara « un Che Guevara africain dont le souvenir reste vivace chez les jeunes burkinabè mais aussi dans toute l’Afrique », disait le Ministre.
La réappropriation des symboles nationaux a été amorcée par l’adoption, le 22 juin 2023, d’un nouvel hymne national, « L’honneur à la patrie », remplaçant « La Nigérienne », œuvre de Robert Jacquet, un compositeur français, datant de 1961 afin d’affirmer la souveraineté du pays.
Cette consécration intervient le jour de la commémoration du 37e anniversaire de l’assassinat du père de la Révolution burkinabè. Le 15 octobre 1987, un commando a tué à Ouagadougou le capitaine Thomas Sankara et 12 de ses compagnons. Un procès de 6 mois, ouvert en octobre 2021, a condamné à la prison à perpétuité l’ancien président Blaise Compaoré, le général Gilbert Diendiéré et Hyacinthe Kafando.