Un violeur sort de prison. Et après ?

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Un homme condamné pour viol ou agression sexuelle sort de prison après avoir purgé sa peine. Il retrouve sa liberté, cherche un logement, reprend sa vie et peut venir s’installer dans un quartier où personne ne connaît son passé. C’est là que je me pose la question suivante. Qu’est-ce qu’on sait, nous, quand un monsieur tout le monde vient s’installer à côté de chez nous ?
Bah justement, ce n’est pas marqué sur son front. On ne peut pas le regarder et se dire : « Attention, cet homme a déjà été condamné pour agression sexuelle. » Non.
Il peut changer de quartier, changer de ville, recommencer sa vie et côtoyer des familles, des femmes et surtout des enfants, sans que personne ne sache rien de son passé. Alors oui, il a purgé sa peine. Oui, il a droit à la réinsertion. Mais est-ce que cela veut dire que la prévention doit s’arrêter au portail de la prison ? Je ne pense pas.
Pourquoi ne pas mettre en place, au Bénin, un véritable système de suivi pour les personnes condamnées pour des infractions sexuelles, une fois qu’elles sortent de prison ? Pas pour les humilier. Pas pour les empêcher de vivre. Mais pour les accompagner dans leur réinsertion et surtout pour vérifier, pendant une certaine période, que tout se passe bien.
Un professionnel pourrait assurer ce suivi. Voir où la personne vit, comment elle se réinsère, si elle respecte les obligations qui lui sont imposées et s’il y a des signes qui doivent alerter.
Ça existe déjà sous différentes formes dans d’autres pays. En France, par exemple, des professionnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation accompagnent et suivent des personnes condamnées en milieu ouvert, notamment dans une logique de prévention de la récidive. Nous devons réfléchir à notre propre système, adapté à la réalité du Bénin ?
Mais il y a aussi une autre question, et elle est importante : la population doit-elle savoir lorsqu’une personne condamnée pour une infraction sexuelle vient s’installer dans son quartier ? Pour moi, il faut au moins avoir cette réflexion.
Attention ! Je ne parle pas de publier son nom sur Facebook. Je ne parle pas de faire circuler sa photo sur WhatsApp. Encore moins de donner son adresse exacte et de créer une chasse à l’homme. Non. Pas question de ça. La loi peut encadrer ce dispositif.
Mais si quelqu’un qui a été condamné pour une agression sexuelle vient vivre dans un quartier, pourquoi les autorités ne pourraient-elles pas mettre en place un système d’alerte, sans forcément révéler son identité ? Juste suffisamment d’informations pour que les parents se disent : « D’accord. Il faut qu’on soit encore plus vigilants. » Vigilants sur les personnes qui approchent nos enfants. Vigilants sur les personnes auxquelles nous les confions. Vigilants aussi sur certains comportements. Parce qu’on ne sait jamais.
On ne peut pas savoir avec certitude si une personne va récidiver. Mais justement, si nous pouvons prévenir, pourquoi attendre qu’une nouvelle victime existe pour réagir ? Et soyons clairs là-dessus. Informer n’est pas condamner une deuxième fois. La personne a purgé sa peine. Elle doit pouvoir se réinsérer. Mais pendant que l’État travaille à sa réinsertion, l’État doit aussi penser à la protection de ceux qui vivent autour d’elle.
C’est ça, le véritable équilibre. Accompagner celui qui revient dans la société, oui. Mais protéger ceux qui sont déjà dans cette société, oui aussi. Parce qu’au fond, la question c’est comment éviter qu’une victime, elle aussi, ait à porter les conséquences d’un manque de prévention.

