L’IA pourra jouer avec nos vies

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Il y a quelque chose d’inquiétant dans la vitesse avec laquelle l’intelligence artificielle s’installe dans nos vies. Hier encore, elle nous impressionnait. Aujourd’hui, elle rédige, programme, traduit, analyse, crée des images et accomplit des tâches que l’on croyait réservées à l’intelligence humaine. Demain, elle pourrait prendre des décisions avec une autonomie que nous ne serions plus certains de pouvoir contenir. Et c’est précisément là que commence le malaise.
Derrière cette fascination pour les prouesses technologiques se cache une question que nous préférons peut-être éviter. Que se passera-t-il lorsque la machine sera capable de faire davantage que ce que nous lui avons demandé ? Pas nécessairement parce qu’elle voudra nous nuire, mais simplement parce qu’elle poursuivra son objectif sans comprendre nos limites, notre morale, nos lois et nos interdits.
Cette question n’est pas seulement posée par ceux qui ont peur de la technologie. Elle vient aussi de personnes qui ont participé à son développement. C’est le cas de Jacob Coxon, qui a travaillé chez OpenAI et Anthropic, deux grandes entreprises de l’intelligence artificielle. Après avoir démissionné de son poste de chercheur chez Anthropic, il tire la sonnette d’alarme. Selon lui, ces entreprises vont trop vite et prennent le risque de créer des systèmes capables de devenir de plus en plus autonomes. Son inquiétude mérite d’être prise au sérieux, parce qu’une intelligence artificielle n’est pas un être humain. Elle n’a pas notre conscience, nos émotions ou notre sens du bien et du mal. Elle reçoit une mission et cherche à l’accomplir.
Le problème devient encore plus sérieux si ces systèmes sont connectés à des domaines sensibles tels que les hôpitaux, les banques, les réseaux électriques ou encore les systèmes de sécurité. Une erreur ou une action mal contrôlée pourrait alors avoir des conséquences bien réelles sur nos vies.
Faut-il pour autant arrêter de développer l’intelligence artificielle ? Non. Cette technologie peut apporter beaucoup à l’humanité. Elle peut améliorer la médecine, l’éducation, l’agriculture ou encore les services publics. Mais plus une technologie devient puissante, plus il faut savoir la contrôler. C’est pourquoi, l’alerte de Jacob Coxon doit nous faire réfléchir. Nous ne devons pas attendre qu’un accident grave se produise avant de chercher des solutions. L’intelligence artificielle a été créée par l’homme pour l’aider. Il serait dangereux de lui donner tellement de pouvoir qu’elle finisse par décider à notre place. Au final, il ne suffit plus d’enchaîner les colloques, de multiplier les conférences et de produire de beaux discours sur l’intelligence artificielle. La menace doit être prise au sérieux dès maintenant et des solutions doivent être recherchées.
Le véritable enjeu n’est donc plus de savoir si l’IA deviendra plus intelligente que nous. Il est de savoir si nous saurons rester maîtres de ce que nous sommes en train de créer. Car le jour où l’IA pourra agir sans véritable contrôle humain, la partie sera peut-être déjà terminée. Échec et mat.
Barell SAÏZONOU


