Afrique subsaharienne : le FMI alerte sur les dérives budgétaires

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Le Fonds monétaire international (FMI) met en garde contre les écarts persistants entre les prévisions budgétaires et les résultats réels dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Dans un récent Focus-Pays consacré à la crédibilité budgétaire, l’institution estime que ces décalages fragilisent les économies de la région et compromettent leurs objectifs de développement.
Selon le FMI, la crédibilité budgétaire constitue un élément essentiel de la stabilité économique. Pourtant, l’analyse menée dans 39 pays d’Afrique subsaharienne entre 2021 et 2024 révèle des écarts récurrents entre les budgets adoptés et leur exécution. Les déficits budgétaires dépassent régulièrement les prévisions initiales, en raison notamment de recettes surestimées et d’une progression des dépenses courantes au-delà des montants prévus.
Les dépenses liées aux salaires, aux biens et services ainsi qu’aux transferts publics figurent parmi les principales sources de dérapages budgétaires. L’institution relève également une sous-estimation fréquente des charges d’intérêts de la dette, dans un contexte marqué par la hausse du coût de l’endettement. À cela s’ajoute la tendance de plusieurs États à élaborer leurs budgets sur la base d’hypothèses jugées trop optimistes concernant les recettes et les financements extérieurs.
Le FMI s’inquiète particulièrement de la situation des investissements publics, souvent sacrifiés lorsque les recettes attendues ne sont pas au rendez-vous ou que les appuis extérieurs tardent à être mobilisés. Les projets d’infrastructures, de santé ou d’éducation deviennent alors les principales variables d’ajustement, au détriment des besoins de développement.
Pour l’institution financière, ces écarts budgétaires répétés affaiblissent la confiance des investisseurs, compliquent la mise en œuvre des politiques publiques et réduisent l’efficacité des programmes de développement. Face à cette situation, le Fond Monétaire International appelle les Gouvernements africains à renforcer la maîtrise des dépenses, à adopter des prévisions de recettes plus réalistes et à améliorer le suivi de l’exécution budgétaire afin de préserver les investissements indispensables à la croissance économique.

